Le Français The Avener habille les «chansons de l'après-midi» en tenue de soirée

Dans les charts mondiaux, il titille le roi Guetta avec son premier album The Wanderings of the Avener. The Avener, nom de scène de Tristan Casara, est en tête des ventes de musique électro depuis plusieurs semaines avec son tube Fade out Lines, «rework» d’une chanson de Phoebe Killdeer. «Rework»? «C’est le métier de DJ à l’ancienne: prendre des chansons de l’après-midi et les rendre dansantes pour les passer en soirées, explique The Avener. Je choisis des belles chansons qui manquent un peu de patate. Le but n’est pas de violer les morceaux. A la base, je les retravaille parce que je les aime. Je les respecte. Je cherche à mettre en avant certains éléments qui, moi, me touchent.»

La formule, appliquée à John Lee Hooker, Mazzy Star, Sixto Rodriguez ou Ane Brun, vaut à The Avener un succès international. Juste avant de commencer l’entretien avec 20 Minutes, Tristan vient d’apprendre qu’il est disque d’or en Australie. «J’ai du mal à réaliser le succès. On me dit que je suis en tête des ventes dans plusieurs pays, je vois les millions de vues YouTube du clip. Je sais tout ça mais c’est difficile à réaliser vraiment.»

Lassé de l’électro froide Avant cette consécration, le jeune niçois a bien galéré. Venu à Paris «s’installer en tant que DJ résidant», il y reste deux ans seulement. «Le marché était compliqué. J’avais du mal à gagner ma vie alors je suis rentré à Nice. C’est ma ville, j’ai commencé là-bas, j’ai été DJ résidant à 17 ans. Les cachets n’étaient pas exceptionnels mais je pouvais travailler sur mes productions en plus de mon activité de DJ. A Paris, j’avais perdu toute créativité.»

Entre deux contrats de DJ, il fait ses reworks et quelques compositions. «Je n’avais pas de musicien autour de moi pour jouer mes productions. Alors je gardais tout ça de côté.» Un jour, il saute le pas et propose ses reworks à un label. «Ces dernières années, je m’étais orienté vers une électro dure, agressive. Dans ce créneau-là de musique de club, en ce moment, tout le monde se copie. Alors j’ai décidé de me consacrer à ce que j’aime vraiment faire, le rework. Je voulais retrouver de l’émotion, du sentiment dans ma musique. Je me suis lassé des musiques froides et sans âme.»

Vrai concert avec vrais instruments Vieille pratique de club, le rework est plus compliqué à utiliser sur un disque puisqu’il faut l’accord des ayants droit des chansons originales. «Aujourd’hui, avec Internet, c’est plus simple de les contacter, explique The Avener. Je ne veux pas qu’ils acceptent parce que ça va peut-être leur rapporter de l’argent mais parce qu’ils ont eu un coup de cœur pour mon travail. Je tiens à ce qu’ils écoutent vraiment mes reworks.» Bien sûr, il a essuyé quelques refus. «Je comprends ça. Certains n’ont pas cette culture-là. Moi-même, je viens du piano classique.»

Encore engagé pour plusieurs dates en tant que DJ, The Avener prépare une tournée estivale. «Le succès, ça me donne surtout encore plus de boulot. Je prépare un vrai show avec des musiciens, des vidéos, des effets spéciaux... Et puis je pense déjà au prochain album pour lequel j’aurai les moyens d’avoir des musiciens, des chanteuses. Tout ça, je n’avais jamais osé en rêver.»

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