L'auteur de mangas japonais Katsuhiro Otomo, créateur d'Akira, Grand Prix du festival d'Angoulême

Ereintés par une pluie battante et oppressés par le climat de tristesse qui règne sur une édition endeuillée, les festivaliers d'Angoulême n'espéraient peut-être plus grand chose de la plus grande manifestation européenne dédiée à la bande dessinée. Jusqu'à ce que soit annoncé, en début de soirée, le Grand Prix 2015... ou plutôt les Grand Prix, puisqu’en cette année particulière, le japonais Katsuhiro Otomo, 60 ans, a reçu le grand prix de la ville et le journal Charlie Hebdo, un Grand Prix spécial «pour que le souvenir du travail de tous les contributeurs de ce titre essentiel de la presse française reste dans les mémoires, en hommage aux dessinateurs assassinés et à leur nécessaire combat pour la liberté d’expression».

Le premier auteur japonais sacré à Angoulême La distinction d'Otomo n'est qu'une demi-surprise: il faisait partie d'une short-list établie selon les votes de 3.500 auteurs et qui, au terme de son second tour, n'opposait plus que le mangaka, le dessinateur belge Hermann et le scénariste anglais Alan Moore. En recueillant 38% des suffrages, Otomo, auteur du cultissime manga Akira, devient le premier auteur japonais sacré à Angoulême. Son Grand Prix marque une reconnaissance de la place prise par les mangas dans le monde francophone, où ces petits fascicules en noir et blanc, qui se lisent de droite à gauche, constituent un quart des albums de BD vendus en France.

«C'est génial, parce qu'avec Akira, Otomo a révolutionné le manga, lui a insufflé une audace qu'il n'avait pas jusque-là. Il a en outre influencé des tas d'auteurs par le monde, a réagi Benoît Mouchart, ancien directeur artistique du festival et directeur artistique des éditions Casterman. Et puis Otomo, c'est le Kubrick de la BD parce qu'il sait être à la fois un prodigieux entertainer et un expérimentateur audacieux».

Prix de consensus pour «Charlie Hebdo» Il a également décerné un Grand Prix spécial à Charlie Hebdo. C'est l'un des nombreux hommages rendus cette année au journal satirique par le festival. Ce prix apparaît plus comme un trophée de consensus: de nombreux auteurs avaient fait connaître, ces dernières semaines, leur vœu de voir le journal satirique recevoir le Grand Prix à titre symbolique. L'organisation du festival a préféré lui attribuer un titre honorifique comme il l'avait fait pour ses dixièmes, quinzième, vingtième, trentième et quarantième anniversaires.

Le souvenir de l'attentat contre Charlie Hebdo a assombri le démarrage jeudi du festival d'Angoulême, rendez-vous annuel de la BD mondiale, placé sous haute surveillance policière. La ville a placardé dans ses rues des dizaines de ses unes gouailleuses et provocantes, typiques de l'irrespect de l'«esprit Charlie», et consacre au journal une grande exposition.

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Guillaume de Tonquédec: «Mon corset dans "Les Nuits d’été»" me faisait une silhouette superbe»

Tandis que la guerre d'Algérie fait rage, un notaire de province rangé, marié et père de famille, dissimule un ténébreux secret qui pourrait torpiller sa carrière. Le héros des Nuits d'été de Mario Fanfani aime s'habiller en femme avec des copins-copines qui partagent ses goûts. Cela n'empêche pas cet homme sensible incarné par Guillaume de Tonquédec de coucher avec sa femme, jouée par Jeanne Balibar. Ses fantaisies vestimentaires n'ont rien à voir avec sa sexualité! Le héros de «Fais pas ci, fais pas ça», Césarisé pour Le Prénom a expliqué à 20 minutes comment il a créé ce rôle délicat dans un film que se révèle, avant tout, une belle histoire d'amour...

En quoi ce scénario vous a-t-il attiré? Mon look de gendre idéal fait qu'on a mis longtemps à me proposer des personnages troubles dissimulant de lourds secrets. C'était déjà le cas de celui du Prénom, une pièce théâtre et un film qui ont changé ma vie professionnelle. Là, on pousse le bouchon plus loin avec une réflexion sur la part féminine qui sommeille en chaque homme et sur ce qu'on cache parfois même à ceux qui sont le plus proches de nous.

La métamorphose était-elle difficile? Le maquillage était beaucoup plus long que d'habitude, mais on s'amusait bien avec les autres acteurs. Il fallait que mon personnage soit féminin sans être efféminé. J'ai demandé à faire des essais avant d'accepter le film car je voulais être certain de ne pas trahir le propos de Mario Fanfani avec une composition caricaturale. Je voulais que cette femme existe.

Qu'aurez-vous appris sur les femmes au terme du tournage? J'aurais découvert que marcher avec des talons hauts n'est pas évident, mais que je suis fan de la mode féminine des années 1950-60. Je devais porter un corset très inconfortable qui me faisait une silhouette superbe! Les femmes de cette époque avaient une classe folle que j'ai tenté de retrouver.

Avez-vous craint d'être ridicule? Une fois que j'ai eu accepté le rôle, je n'ai plus eu peur. J'ai beaucoup pensé à la performance de Jack Lemmon dans Certains l'aiment chaud (Billy Wilder, 1959) pour créer cette femme et je me suis laissé aller. En fait, les scènes de travesti ont été beaucoup moins dures que certaines séquences de dialogues plus intimistes où j'avais l'impression de me mettre à nu.

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Miss Univers 2015: Camille Cerf, parmi les favorites, se dit confiante

Dernière ligne droite pour Camille Cerf. Dans la nuit de dimanche à lundi à Doral, près de Miami aux Etats-Unis, 88 jeunes femmes, parmi lesquelles Miss France 2015, vont défiler pour remporter le titre de Miss Univers et succéder à la Vénézuélienne Maria Gabriela Isler. Un concours pour lequel Camille Cerf se prépare depuis plusieurs semaines.

A l’approche du concours de beauté, Sylvie Tellier, la directrice générale de la Société Miss France, a publié sur Twitter une photo prise avec Miss France au cours des répétitions.

Vendredi, un créateur de robes de soirée avait déjà publié des clichés de la jeune femme de 20 ans originaire du Nord-pas-de-Calais:

Cette semaine, Camille Cerf n’a pas fait que répéter pour la soirée tant attendue. Les épreuves se sont succédé devant les juges (défilé en tenues brillantes, en robes de soirée, en bikinis, en costumes traditionnels) afin qu’ils puissent sélectionner les quinze finalistes. Personne ne sait qui a été ou non sélectionné. Les noms des quinze Miss qui pourront prétendre à la couronne suprême seront divulgués lors de la cérémonie.

Miss France 2015 n’a pas été élue Miss Monde le 14 décembre dernier, mais elle faisait partie des favorites sur la page Facebook du concours Miss Univers début janvier. Selon La Voix du Nord, les votes du public sur le réseau social la plaçaient à la sixième place dans la compétition jeudi. Interrogée par le quotidien samedi, Camille Cerf s’est dit confiante: «Je pense que ça s'est très bien passé. Pendant les entretiens, on m'a posé des questions sur l'association que je voulais développer, sur mon passé de mannequin, sur ce que je pensais du terrorisme, et aussi sur ma sœur jumelle Mathilde. Sur l'association, j'ai répondu que je voulais lutter contre le cancer et améliorer le quotidien des malades, c'est quelque chose qui me tient à cœur, que j'ai vécu à travers la maladie de mon père.»

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Le Français The Avener habille les «chansons de l'après-midi» en tenue de soirée

Dans les charts mondiaux, il titille le roi Guetta avec son premier album The Wanderings of the Avener. The Avener, nom de scène de Tristan Casara, est en tête des ventes de musique électro depuis plusieurs semaines avec son tube Fade out Lines, «rework» d’une chanson de Phoebe Killdeer. «Rework»? «C’est le métier de DJ à l’ancienne: prendre des chansons de l’après-midi et les rendre dansantes pour les passer en soirées, explique The Avener. Je choisis des belles chansons qui manquent un peu de patate. Le but n’est pas de violer les morceaux. A la base, je les retravaille parce que je les aime. Je les respecte. Je cherche à mettre en avant certains éléments qui, moi, me touchent.»

La formule, appliquée à John Lee Hooker, Mazzy Star, Sixto Rodriguez ou Ane Brun, vaut à The Avener un succès international. Juste avant de commencer l’entretien avec 20 Minutes, Tristan vient d’apprendre qu’il est disque d’or en Australie. «J’ai du mal à réaliser le succès. On me dit que je suis en tête des ventes dans plusieurs pays, je vois les millions de vues YouTube du clip. Je sais tout ça mais c’est difficile à réaliser vraiment.»

Lassé de l’électro froide Avant cette consécration, le jeune niçois a bien galéré. Venu à Paris «s’installer en tant que DJ résidant», il y reste deux ans seulement. «Le marché était compliqué. J’avais du mal à gagner ma vie alors je suis rentré à Nice. C’est ma ville, j’ai commencé là-bas, j’ai été DJ résidant à 17 ans. Les cachets n’étaient pas exceptionnels mais je pouvais travailler sur mes productions en plus de mon activité de DJ. A Paris, j’avais perdu toute créativité.»

Entre deux contrats de DJ, il fait ses reworks et quelques compositions. «Je n’avais pas de musicien autour de moi pour jouer mes productions. Alors je gardais tout ça de côté.» Un jour, il saute le pas et propose ses reworks à un label. «Ces dernières années, je m’étais orienté vers une électro dure, agressive. Dans ce créneau-là de musique de club, en ce moment, tout le monde se copie. Alors j’ai décidé de me consacrer à ce que j’aime vraiment faire, le rework. Je voulais retrouver de l’émotion, du sentiment dans ma musique. Je me suis lassé des musiques froides et sans âme.»

Vrai concert avec vrais instruments Vieille pratique de club, le rework est plus compliqué à utiliser sur un disque puisqu’il faut l’accord des ayants droit des chansons originales. «Aujourd’hui, avec Internet, c’est plus simple de les contacter, explique The Avener. Je ne veux pas qu’ils acceptent parce que ça va peut-être leur rapporter de l’argent mais parce qu’ils ont eu un coup de cœur pour mon travail. Je tiens à ce qu’ils écoutent vraiment mes reworks.» Bien sûr, il a essuyé quelques refus. «Je comprends ça. Certains n’ont pas cette culture-là. Moi-même, je viens du piano classique.»

Encore engagé pour plusieurs dates en tant que DJ, The Avener prépare une tournée estivale. «Le succès, ça me donne surtout encore plus de boulot. Je prépare un vrai show avec des musiciens, des vidéos, des effets spéciaux... Et puis je pense déjà au prochain album pour lequel j’aurai les moyens d’avoir des musiciens, des chanteuses. Tout ça, je n’avais jamais osé en rêver.»

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Blue Monday: La playlist des internautes pour retrouver la pêche en cas de déprime

Sad monday is sad. Tout le monde déteste le lundi. Nos internautes ne font pas exception. Mais ce lundi 19 janvier a la palme. Il rafle le prix du lundi le plus déprimant de l'année. Pour ne pas se laisser abattre, la rédaction vous a proposé de nous dire quelle chanson vous remonte le moral en toutes circonstances. Quelle n'a pas été notre surprise lorsque nous avons découvert les résultats. A coup de reggae, de hard-rock et de François Valéry. Oui oui. Voilà un best of de vos propositions. La playlist d'une partie de vos suggestions est à écouter ci-dessous, 1h45 de musique pro-sourire.

La chanson rétro «Je connais les paroles par cœur» Le modèle: «Sous le sunlight des tropiques» de Gilbert Montagné ex aequo avec «Les Démons de minuit» d'Emile et Images. Mohamed va jusqu'à oser Carlos. Un autre «Aimons-nous vivants» de François Valery. Hard level. Mais pourquoi pas. Pour quel genre de déprimé? Les déprimés chroniques. Ou ceux qui ont le bonheur facile. Vous les croyez effondrés? Un simple clic sur Nostalgie et vous les retrouvez intacts. «Ils m'entraînent, au bout de la nuit, QUI ÇA? QUI ÇA? Les démons de minuit». Radical.

La chanson «Aimer son prochain et fumer du shit» Le modèle: Tryo (qui pourtant a révélé dans un chat chez 20 Minutes en novembre, avoir «presque tous» arrêté de fumer). Toutes leurs chansons fonctionnent, mais surtout «Toi et moi» pour Françoise. Passent aussi les moins connus «Dub inc» et leur «Il faut qu'on ose» soufflé par Tiffany ou «L'Homme parle» avec «En avant». Vous avez compris le topo. Pour quel genre de déprimé? Nos internautes altruistes. Ceux qui ne sont pas affligés par l'état de leur compte en banque ou la simple idée de revoir leur chef ce lundi matin. Non, le remède green s'adresse à ceux qui se désolent de la chute des réserves d'eau potables de la planète plus que de celle de leurs cheveux/seins.

La chanson comédie musicale Le modèle: «Proud Mary» version Tina Turner. Merci Daniel pour le rappel. Marche aussi avec «Bohemian Rhapsody». A minima «Respect» d'Aretha Franklin ou, plus récent, «Uptown Funk» de Mark Ronson proposé par Audrey, font l'affaire. Pour quel genre de déprimé? Pour ceux qui n'ont pas le courage d'arroser le monde entier de leurs soucis mais qui osent sans peine, en fin de soirée, danser les yeux fermés en agitant les bras, puis les jambes puis les bras et les jambes en toisant l'assemblée. Entre Liza Minelli et Freddy Mercury.

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DeNiro et DiCaprio dirigés par Scorsese dans la pub la plus chère du monde

Le premier a été l'acteur fétiche de Scorsese dans les années 80. Le second lui a depuis succédé. Mais Robert DeNiro et Leonardo DiCaprio n'ont jamais été face à face dans un film du réalisateur du Loup de Wall Street. C'est désormais chose faite, dans une... publicité.

The Audition est un court-métrage faisant la promotion de deux casinos Studio City, qui ouvriront à Macao et à Manille mi-2015. Plusieurs teasers ont été mis en ligne cette semaine, dans lesquels DeNiro et DiCaprio sont en concurrence pour le même rôle. Brad Pitt, qu'on aperçoit que sur un poster, apparaîtra également dans le film final.

3 milliards de dollars pour les casinos Selon le New York Post, les trois acteurs ont chacun touché 13 millions de dollars, pour un budget total de 70 millions de dollars. Cela en fait la pub la plus chère du monde, et un boulot bien payé pour les stars hollywoodiennes qui n'ont tourné que deux jours, contre plusieurs mois dans des blockbusters où ils sont en général payés 20 millions de dollars.

Pour les moguls Lawrence Ho et James Packer, il ne s'agit au final que d'une goutte d'eau: la construction des deux casinos a coûté plus de trois milliards de dollars.

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Luz à propos de la une de «Charlie Hebdo»: «Notre Mahomet, c’est avant tout un bonhomme qui pleure»

En une, un dessin de Mahomet. Il pleure. Dans sa main, une pancarte «Je suis Charlie», sous la légende «Tout est pardonné». Le dessin est de Luz, entré sous les applaudissements ce mardi, avec les autres membres de Charlie, dans la salle bondée du dernier étage de Libération. Assis entre Gérard Biard et Patrick Pelloux, le dessinateur a expliqué avec émotion comment était née la une de ce numéro, le «journal des survivants», en kiosques dès demain et qui y vivra quinze jours.

Le numéro sera traduit en anglais, espagnol et arabe pour la version numérique, et en italien et turc pour la version papier, a indiqué le rédacteur en chef Gérard Biard, qui a décrit la réaction de l'équipe quand a été choisie la une. «On a tous éclaté de rire, et on s'est sautés dans les bras».

«Faire un journal avec des dessins intelligents, c’était essayer de sortir de l’émotion». «Il a fallu commencer (…) Franchement je ne savais pas si j’allais être capable», a expliqué Luz, très ému, et soutenu à plusieurs reprises par ses amis Gérard Biard et Patrick Pelloux. Il y a d’abord eu un premier dessin. «Jeudi soir, j’ai fait un dessin, qui est pas dans Charlie, qui est un peu le dessin de la catharsis, pour qu’on se débloque tous». Son premier dessin, c'est ce qu'il a vu à son arrivée, en retard, à la conférence de rédaction, une semaine plus tôt, explique-t-il: «A un moment donné, j'ai vu des culs par terre (...) Leurs culs, ça aurait pu être les nôtres. Je les ai dessinés et j'ai écrit "Liberté d'expression, mon cul"».

«J’ai écrit « Tout est pardonné », et j’ai pleuré» Pour la une de ce numéro, «j’ai convoqué tous les talents. Ceux qui ne sont plus là, ceux qui sont là, j’ai fait une conférence de rédaction dans ma tête», a poursuivi le dessinateur. «Il y avait l’idée de dessiner ce personnage de Mahomet. C’est mon personnage. C’est une personne qui nous a valu d’avoir les locaux brûlés, qui nous a valu d’être traités de dangereux irresponsables. Mais on est avant tout des dessinateurs qui aiment bien dessiner des petits bonhommes, comme quand on était gamins. D’ailleurs, ces terroristes, ils ont été gamins, ils ont fait des dessins. A un moment donné, ils ont perdu leur regard d’enfant».

«J’ai dessiné en disant Je suis Charlie, c’est une idée que j’avais dans la tête. J’ai dessiné Mahomet, il était en train de pleurer. J’ai écrit "Tout est pardonné", et j’ai pleuré. Et c’était la une. C’était notre une».

«Ce n’était pas la une que le monde voulait qu’on fasse, a poursuivi Luz. Ce n’était pas la une que les terroristes voulaient qu’on fasse. Mais c’est la nôtre. On a encore dessiné Mahomet, je suis désolé. Mais le Mahomet qu’on a dessiné, c'est avant tout un bonhomme qui pleure», ajoute le dessinateur, qui a dit n'avoir «aucune inquiétude» pour cette une, parce que «les gens sont intelligents. On fait confiance à l'intelligence et au second degré. Les gens qui ont commis cet attentat, c'est tout simplement des gens qui manquent d'humour et de second degré».

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Thuram, Sfar, Cohn-Bendit et Souchon font «souffler l'esprit de Charlie» à la radio et la télévision

«Il y a des politiques qui ne font pas le travail de fraternité. On peut créer une solidarité comme on peut créer le contraire», a regretté Lilian Thuram dimanche lors d'une soirée à la Maison de la radio à Paris pour «faire souffler l'esprit de Charlie». Aux côtés de l'ancien footballeur, humoristes, dessinateurs, chanteurs, intellectuels ont rendu hommage aux victimes des attentats qui ont fait 17 morts cette semaine.

Plusieurs caricaturistes, dont Olivier Ranson ou Joann Sfar, dessinaient en direct sur le plateau. L'auteur du Chat du Rabbin, qui a dessiné pour Charlie Hebdo dans les années 1990, a rendu un hommage poignant à ses confrères assassinés, «des grands gosses»: «Il n'y a pas une personne qui était contre l'islam, il n'y a pas une personne qui était contre les gens. Ils avaient juste envie de se marrer. Il y a des cons qui ont tué des grands gosses.» Joann Sfar a rappelé que «les premières victimes du terrorisme, c'est les musulmans, donc il y en a assez de s'en prendre aux musulmans qui sont les premiers à souffrir de ce truc-là.»

«Les journalistes de Charlie Hebdo ont été assassinés, massacrés pour leurs idées. Les policiers ont été tués, massacrés parce qu'ils étaient des gardes républicains. Les juifs du magasin casher ont été tués parce qu'ils étaient juifs. Il n'avaient rien demandé à personne. Pourquoi toujours les juifs ?», s'est exclamé l'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit.

Alain Souchon avait ouvert la soirée, retransmise en direct et en simultané sur France 2, Culturebox, TV5 Monde, France Inter, France Bleu et France Culture, avec sa chanson «Et si en plus y'a personne», où il interroge «Abderhamane, Martin, David. Et si le ciel était vide» ? Il a été suivi sur la scène du grand auditorium par Julien Clerc qui a salué un «grand moment de fraternité qui est, peut-être, le début de quelque chose».

La somme collectée grâce à la vente des billets au public de la soirée sera intégralement reversée à l'association «Presse et Pluralisme» au profit de l'hebdomadaire satirique.

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